mercredi 28 février 2018

J`ai participé aujourd`hui à une table ronde « Femmes "en" écriture entre langue et langage». Citoyen du Monde













Lieu : L'Institut Supérieur des Langues de Nabeul (ISLN).
Table ronde très bien organisée par Rim Sdiri, Professeure à l`ISLN. C`est elle qui m`a invité, je la remercie chaleureusement.
Date : 28 février 2018 de 10h à 14h.
Participants aux interventions des trois écrivaines invitées de 10 à 12: 100 (80 femmes et 20 hommes) dont la majorité est formée d`étudiant(e)s.
Participants au débat de 12 à 14 après la pause-café: 40 (37 femmes et 3 hommes).
Les trois écrivaines invitées : Ilhem Ben Miled, Wafa Ghorbel, Wafa Marzouki.
Président des deux séances : Badreddine Ben Henda (ancien ami de mon frère Salah à Tabarka).
L`événement qui m`a vraiment surpris et m`a fait grand plaisir, c`est l`universitaire écrivaine et conférencière, Wafa Ghorbel, qui a chanté en live dans un amphithéâtre dans une université publique. Merci Madame.

Excusez-moi, mes chers lecteurs et lectrices, je me sens incapable de vous faire un compte-rendu détaillé des interventions, vu mon ignorance dans ce domaine littéraire. Tout ce que je peux vous rapporter, c`est le discours d`un intrus que j`ai prononcé en leur présence: J`ai donné un titre à ce que je vais dire « Hymne à la femme écrivaine et à la lange française », sans faire de différence entre mes deux préférées unies aujourd`hui en trois femmes « en » écriture. Et comme le dit souvent l`écrivain Yasmina Khadra, je m`excuse si j`ai perdu l`automatisme du parler de la langue française que je n`enseigne plus depuis six ans. C`est la première fois que j`assiste à une table ronde universitaire hors de mes deux spécialités donc je suis hors sujet sur tous les plans : Je suis homme dans une réunion de femmes, je suis biologiste dans une réunion de littéraires, je suis retraité dans une réunion de vivants.

Je m`appelle Mohamed Kochkar, Docteur en Didactique de la Biologie et auteur de 4 livres (deux en français et deux en arabe). Je suis honoré par l`invitation de Rim Sdiri, ma belle fille, ou plus précisément l`épouse de mon neveu Wajih Kochkar. Une douce parenté non consanguine me lie à elle, en plus d`un autre lien, la langue française, ma première langue acquise et conquise et je le dis sans complexe, ni de supériorité ni d`infériorité. La langue qui m`a formé en biologie, ma première spécialité, et en didactique, ma deuxième spécialité. La langue qui m`a fait découvrir le monde et m`a aidé à tisser des liens avec l`autre, l`autre absent dans mon environnement, et que je n`ai pas pu l`embrasser que grâce à ses longs bras, ses concepts. Et c`est justement ces liens qui définissent mon « Je » paradoxalement logé dans mon for intérieur, et que je n`ai pu le découvrir en moi que grâce à « Tu » adressé à moi par l`autre, mon prochain, les sept milliards d`humains qui habitent notre terre. La langue avec laquelle j`ai appris tant de choses, j`ai enseigné, j`ai voyagé. La langue que j`ai aimée comme on aime une fiancée avant le mariage.

Je termine mon discours par dire aux auteur(e)s francophones, je vous adore, et comme l`affirme Amin Maalouf, vous êtes des exilés dans votre propre patrie, un exil intellectuel, vous êtes des « Traits d`union », des ponts, entre deux civilisations, la votre, l`arabo-musulmane, l`héritée, et la votre aussi, la gréco-latine, l`acquise ou la conquise.

Je n`ai rien à ajouter sauf une petite information génétique, souvent oubliée dans de pareilles circonstances : Les femmes comme les hommes héritent de leurs parents respectifs 23 chromosomes maternels et 23 chromosomes paternels, donc nous sommes, tous et toutes, moitié femme-moitié homme sans distinction de statut. Parmi les 46 chromosomes de notre ADN, 1 seul, et de surcroit masculin, le chromosome Y, nous sépare, et les 45 autres, tous, nous unissent et nous obligent en quelque sorte à nous aimer les uns les autres.

Enfin un grand merci à la langue française, qui m`a dopé et qui me dope toujours en dopamine naturelle et qui me maintient jeune d`esprit dans un corps vieux de 66 ans.

Ma signature
Pour le critique, « il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose » Michel Fabre & Christian Orange, 1997
À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence, Le Monde Diplomatique

Date de la première publication sur le Net : Hammam-Chatt, le 28 février 2018.


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