mercredi 18 février 2015

L’enfance est une pluie toujours et partout fécondante : Profil de la maîtresse montessorienne? Maria Montessori

L’enfance est une pluie toujours et partout fécondante : Profil de la maîtresse montessorienne? Maria Montessori

Bibliographie : Extraits intégraux - recousus par moi-même - de Maria Montessori, l`esprit absorbant de l`enfant, Desclée de Brouwer, 1959 ; Paris 2010 pour la présente édition, 241 pages, p. 214.

Les compétences énumérées ci-dessous peuvent servir aussi aux éducateurs et éducatrices montessoriens du primaire, collège et lycée :
1.     Elle  doit obligatoirement lire Montessori car Montessori veut que l`enfant fasse de son mieux mais pas qu`il fasse mieux que l`autre.

2.     Elle doit étudier sa façon d`agir, se rendre aussi agréable que possible et comprendre l`enfant et le respecter.

3.     Elle  doit se détacher de tout préjugé quand au niveau auquel les enfants peuvent se trouver et doit avoir une espèce de foi que l`enfant se révélera grâce au travail.

4.     Elle doit laisser le champ libre aux enfants de faire des erreurs et apprendre par eux-mêmes à travers leurs expériences sans la crainte d`être réprimandés.

5.     Son devoir est de montrer la voie de la perfection, en apportant les moyens et en écartant les obstacles, à commencer par ceux qu`elle-même représente, car elle peut être un grand obstacle.
Avant que l`attention et la concentration se réalisent, il faut que la maîtresse se réprime elle-même, afin que l`esprit de l`enfant soit libre de s`épancher et de s`exprimer : l`importance de son devoir sera de ne pas interrompre l`effort. C`est le moment où se montre sa délicatesse morale acquise durant sa préparation.

6.     Elle  doit se rappeler que les réactions de défense de l`apprenant sont des obstacles à l`apprentissage, et que l`enfant doit s`en libérer lui-même. Les démonstrations d`affection qui se multiplient avec la multiplication des sottises de l`enfant qui dérange, seront pour elle comme une série d`électrochocs qui, avec le temps, produiront leur effet. Les interventions de la maîtresse peuvent se traduire par un : « Comment vas-tu, Jean ? Viens vers moi : j`ai quelque chose à te donner à faire. Il refusera probablement ; alors, la maîtresse dira : « ça ne te plait pas ? bien, ca ne fait rien, sortons un instant ensemble » ; et la maîtresse ira avec lui, ou le fera accompagner par son assistant ; et l`enfant qui taquinait passera directement aux soins de l`assistante- éducatrice ; les autres ne seront plus dérangés.

7.     Comme un médecin pour un malade, elle peut être pour l`enfant un metteur en scènes, un spectateur, un observateur, un serviteur, un accompagnateur discret, un aide pédagogique et un guide.
Elle  doit apprendre qu`il n`est pas facile d`être seulement un spectateur, et d`observer. Même pour assister et servir, il faut qu`elle observe, parce que la naissance de la concentration de l`enfant est délicate comme celui d`un germe sur le point d`éclore.
Elle  sent seulement qu`il sert, avec l`humble fonction de préparer le milieu et de se retirer dans l`ombre comme un metteur en scènes qui se retire quand les acteurs commencent à jouer devant le public.
Comme  la voix d`un guide affectueux et compatissant que chaque enfant semble entendre dans son for intérieur. La maîtresse doit alors répondre a la demande de chacun de ses apprenants par un mot d`approbation, encourager par un sourire.
Comme un serviteur, la maîtresse doit servir son maître, servir et servir bien, servir l`esprit de l`enfant, aidons-le à agir, à vouloir et à penser par lui-même. C`est l`art d`un serviteur de l`esprit, un art qui peut trouver parfaitement son activité auprès de l`enfant : quand celui-ci montre un désir, il doit être prompte à le satisfaire. Mais le serviteur ne va pas déranger son maître quand il est seul : il vient seulement quand il est appelé, écoute ce que l`on désire et répond : « Oui, monsieur. » Il admire si on lui demande d`admirer et dit : « C`est beau ! » même s`il ne voit aucune beauté. De même, quand un petit enfant fait un travail avec une grande concentration, nous nous devons pas l`interrompre, mais s`il semble désirer notre approbation, donnons-la lui généreusement.

8.     Elle doit respecter le rythme de chaque enfant, même si « respecter le rythme », ça ne veut pas dire laisser les apprenants lents travailler lentement et les apprenants rapides travailler rapidement… « respecter le rythme », c`est prendre les gens là où ils sont mais pour les aider à progresser.

9.     Elle  doit être capable de distinguer entre la vie sociale dans sa classe, fondée sur le travail et sur l`ordre, antithèse de l`instinct grégaire qui n`amène que le désordre collectif.

10.                       Quel est l`indice principal de réussite pour une maîtresse ainsi transformée ? Pouvoir dire : « Maintenant, les enfants travaillent comme si je n`existais pas. Avant la transformation, je sentais le contraire ; je sentais que j`étais celle qui enseignait, celle qui menait les enfants d`un niveau inférieur à un niveau supérieur. ». Satisfaite de son effort et de son altruisme, elle  dira un jour : « J`ai servi l`esprit de ces enfants, ils ont accompli leur développement et je les ai accompagnés dans leurs expériences. ». Ce que personne ne comprend, c’est qu’il n’est pas question de sacrifice, mais de satisfaction ; qu’il ne s’agit pas de renoncement, mais d’une vie nouvelle où les valeurs sont différentes, et où existent les valeurs véritables de la vie, jusqu’alors inconnues.

11.                       Dans une école Montessori, le niveau éducatif supérieur ne peut être atteint que si la justice entre enfants est véritablement réalisée. Et elle n’est réalisée que  lorsque la  maîtresse montessorienne essaie de faire atteindre le maximum de ses possibilités à chaque enfant. La justice, c’est donner à chaque être humain l’aide qui peut lui permettre d’atteindre sa pleine stature spirituelle (l’intelligence) et sa pleine personnalité (le talent), et seconder l’esprit aux moments où ses énergies peuvent lui permettre d’atteindre seul ces deux plénitudes. Ce devra être là l’organisation future de la société car tel est le pouvoir de l’enfant : chacun est proche de lui, quel que soit son idéal religieux ou politique, et tous l’aiment. Et de cet amour surgit la force d’unir les adultes. Quand on parle de l’enfant, les âmes s’adoucissent ; l’humanité entière participe à l’émotion qui émane de lui. Il est une source d’amour ; quand on s’approche de lui, on s’approche de l’amour. L’amour de l’adulte à l’enfant est une énergie renouvelable et éternelle que rien ne peut détruire.

12.                        Quand sa classe devient indisciplinée, la maîtresse montessorienne voit dans ce désordre le contrôle de quelque faute qu’elle a commise : elle la recherche et la corrige. La maîtresse de l’école traditionnelle considérerait cela comme une humiliation.

Signature  du Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif :
« Pour l`auteur, il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose » (Michel Fabre & Christian Orange, 1997).
« À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence » (Le Monde Diplomatique).

Date de la première publication on line : Hammam-Chatt, jeudi 19 février 2015.


mardi 17 février 2015

Un enfant de cinq ans est capable, mieux que son éducateur, de faire comprendre quantité de choses à un enfant de trois ans. Maria Montessori

Un enfant de cinq ans est capable, mieux que son éducateur, de faire comprendre quantité de choses à un enfant de trois ans. Maria Montessori

Bibliographie : Maria Montessori, l`esprit absorbant de l`enfant, Desclée de Brouwer, 1959 ; Paris 2010 pour la présente édition, 241 pages.

Page 184 : Maria Montessori : « les maîtres sont incapables de faire comprendre à un enfant de trois ans quantité de choses que celui de cinq ans lui fait très bien entendre : il existe entre eux une osmose mentale naturelle. En outre, un enfant de trois sera intéressé par ce que fait celui de cinq, du fait qu`il s`agit de ce qui n`est pas très éloigné de ses possibilités (Kochkar : cela équivaut à mon avis à la ZPD, Zone Proximale de Développement chez Vygotsky). Les plus grands deviennent des héros et des maîtres, et les petits sont leurs admirateurs : ils regardent les grands pour avoir une inspiration, et puis ils travaillent pour leur propre compte. Dans les écoles ou les enfants ont le même âge, les plus intelligents pourraient aussi bien enseigner aux autres ; mais d`habitude, la maîtresse ne le permet pas ; ils se bornent à répondre quand les autres ne savent pas, et souvent éveillent l`envie. Or, chez les petits enfants, l`envie n`existe pas ; ils ne sont pas humiliés du fait que les grands savent ce qu`ils ne savent pas encore, parce qu`ils sentent bien que ce sera leur tour quand ils seront plus grands. Il y a amour et admiration : une véritable fraternité. Dans les écoles, l`unique façon d`élever le niveau de la classe, c`est l`émulation ; mais cette émulation se transforme souvent en envie, voire en haine et en humiliation, sentiments déprimants et antisociaux. L`enfant intelligent devient alors vaniteux ; il acquiert un sentiment de supériorité sur les autres, alors que chez nous, celui de cinq ans se sent un protecteur pour son camarade plus jeune. Il est difficile d`imaginer combien cette atmosphère d`affection et d`admiration augmente et s`approfondit : la classe devient un groupe cimenté par l`affection. Les enfants finissent par connaitre leurs caractères réciproques ; ils s`apprécient mutuellement. Auparavant, on ne savait que répéter : « Celui-ci a le premier prix, et cet autre a un zéro. » la fraternité ne peut pas se développer ainsi ; et pourtant, c`est l`âge auquel se construisent les qualités sociales ou antisociales, selon le milieu ; c`est la le point de départ.

On craint que l`enfant de cinq ans, occupé à enseigner, ne puisse pas apprendre a son tour ; mais tout d`abord, il n`enseigne pas tout le temps, ensuite, il perfectionne, en enseignant, ce qu`il sait déjà : il lui faut analyser et remanier son petit patrimoine de science pour le passer aux autres ; il voit ainsi les choses avec plus de clarté, et il est récompense par l`échange.

La classe des enfants de trois a six ans n`est pas rigidement séparée de celle des enfants de six a neuf ans, de sorte que ceux de six ans peuvent aller chercher des suggestions dans la classe suivante. Nos cloisons ne sont que des demi-cloisons, et il est toujours facile d`accéder d`une classe a l`autre, si bien que les petits écoliers sont libres d`aller en avant ou de faire un retour en arrière. »

Ma signature  
« Pour l`auteur, il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose » (Michel Fabre & Christian Orange, 1997).
« À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence » (Le Monde Diplomatique).

Date de la première publication on line : Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif, Hammam-Chatt, mercredi 18 février 2015.



lundi 16 février 2015

L`enfant porte en lui l`œuvre d`un créateur bien supérieur à son maître, à son père et à sa mère ! Maria Montessori

L`enfant porte en lui l`œuvre d`un créateur bien supérieur à son maître, à son père et à sa mère ! Maria Montessori

Bibliographie : Maria Montessori, l`esprit absorbant de l`enfant, Desclée de Brouwer, 1959 ; Paris 2010 pour la présente édition, 241 pages.

Page 207, Maria Montessori : «Dans l`éducation traditionnelle, le maître raisonne d`une façon qui peut sembler logique : « Pour pouvoir éduquer, pense-il, je dois être parfait, je sais ce que je dois faire ou ne pas faire ; par conséquent, il suffira que les enfants m`imitent et m`obéissent. » L`obéissance est la base secrète de l`enseignement. Je ne me rappelle pas quel est l`éducateur célèbre qui a  prononcé cette maxime définitive : « Toutes les vertus de l`enfant se résument en une seule : l`obéissance. »

De cette façon, le devoir du maître devient facile et exaltant. Il dit : « Devant moi est un être vide ou plein d`erreurs : je vais le transformer en le recréant à mon image et à ma ressemblance. » Il s`attribue ainsi les pouvoirs exprimés dans la bible : « Et Dieu créa l`homme à son image et à sa ressemblance. »

Naturellement, l`adulte ne se rend pas compte qu`il se met à la place de Dieu : il oublie surtout l`autre passage de la Bible, où il est dit comment le diable est devenu tel, parce que l`orgueil l`avait poussé à prendre la place du Créateur.

L`enfant porte en lui l`œuvre d`un créateur bien supérieur à son maître, à son père, à sa mère et, auquel il doit être bien davantage soumis. »

Signature du Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif : 
« Pour l`auteur, il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose » Michel Fabre & Christian Orange, 1997.
« À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence » Le Monde Diplomatique.

Date de la première publication on line : Hammam-Chatt, mardi 17 février 2015.





dimanche 15 février 2015

Comment voulez-vous que votre enfant réussit à obéir à votre volonté avant qu`il réussisse lui-même à obéir à la sienne? Maria Montessori

Comment voulez-vous que votre enfant réussit à obéir à votre volonté avant qu`il réussisse lui-même à obéir à la sienne? Maria Montessori

Bibliographie : Maria Montessori, l`esprit absorbant de l`enfant, Desclée de Brouwer, 1959, Paris 2010 pour la présente édition, 241 pages.

Page 211, Maria Montessori : «D`autre part, rien n`est plus dangereux que de provoquer le découragement, spécialement au cours d`un développement particulier : si l`enfant n`est pas encore maître de ses actes, s`il ne réussit pas encore à obéir à sa propre volonté, il réussira d`autant moins à obéir à la volonté d`autrui. Et voila pourquoi il peut arriver qu`il réussisse une fois à obéir, et pas une autre fois. Et ce n`est pas seulement dans l`enfance que cela peut arriver : que de fois un musicien exécutera très bien un morceau au premier essai et ne saura plus l`exécuter aussi bien le lendemain ! Ce qui lui manque, ce n`est pas la volonté, mais une habileté consommée et sûre.
Ce que nous appelons le premier degré de l`obéissance se situe donc dans la période où l`enfant peut obéir, mais n`y réussit pas toujours : c`est le moment où l`obéissance et la désobéissance marchent de pair.
Le second degré est atteint quand l`enfant peut obéir toujours. »

Signature du Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif : 
« Pour l`auteur, il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose », Michel Fabre & Christian Orange, 1997.
« À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence », Le Monde Diplomatique.


Date de la première publication on line : Hammam-Chatt, lundi 16 février 2015.







samedi 14 février 2015

Notre école tunisienne publique et privée a réussi à enseigner à nos enfants des connaissances sans valeurs ! Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif

Notre école tunisienne publique et privée a réussi à enseigner à nos enfants des connaissances sans valeurs ! Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif

Notre école tunisienne publique et privée (excepté à ma connaissance  l`Ecole Montessori Internationale) a inculqué à nos enfants durant un demi-siècle des valeurs antisociales et détruit chez eux les valeurs positives acquises spontanément dans leurs milieux naturels respectifs avant l`âge de 6 ans:
1.     L`école tunisienne publique et privée a détruit l`osmose mentale naturelle  qui existait chez les enfants de moins de six ans : Un enfant de cinq ans est capable de faire comprendre quantité de choses à un enfant de trois ans. Elle l`a remplacée par l`autorité pesante et non collaboratrice des maîtres.

2.     L`école tunisienne publique et privée a éveillé chez les enfants de plus de six ans l`envie qui n`existait pas  avant six ans : « Celui-ci a le premier prix, et cet autre a un zéro. ».

3.     L`école tunisienne publique et privée a freiné l`élan de solidarité chez les enfants et a mis fin à l`esprit d`initiative personnelle que peut entreprendre chacun d`entre eux : Montessori, 2010, p. 184, a écrit : «les maîtres ne permettent pas aux plus intelligents d`enseigner aux plus faibles et obligent les premiers à se borner à répondre quand les seconds ne savent pas. (…) On craint que l`enfant de cinq ans, occupé à enseigner, ne puisse pas apprendre à son tour ; mais tout d`abord, il n`enseigne pas tout le temps ; sa liberté est respectée ; ensuite, il perfectionne, en enseignant, ce qu`il sait déjà : il lui faut analyser et remanier son petit patrimoine de science pour le passer aux autres ; il voit ainsi les choses avec plus de clarté, et il est récompensé par l`échange. »

4.     L`école tunisienne publique et privée a développé chez les enfants des  sentiments déprimants et antisociaux  à la place des sentiments de fraternité, d`amour et d`admiration déjà existants: dans la classe, l`enfant intelligent devient alors vaniteux ; il acquiert un sentiment de supériorité sur les autres :
Montessori, 2010, p. 196, a écrit : «Si, pendant toute la période de l`éducation, la rivalité, l`émulation, l`ambition ont été encouragées, comment attendre que des gens qui ont grandi dans cette atmosphère soient “bons” a vingt ou trente ans, seulement parce que quelqu`un leur a prêché la bonté ? Moi, je dis que c`est impossible, puisqu`aucune préparation n`a été faite à la vie spirituelle »
Ça pourrait alors être possible dans une école Montessori, où l`enfant de cinq ans se sent un protecteur pour son camarade plus jeune. Essayez s`il vous plaît d`imaginer combien cette atmosphère montessorienne d`affection et d`admiration augmenterait si elle a été encouragée, amplifiée et approfondie par notre école primaire : la classe deviendrait un groupe cimenté par l`affection. Les enfants finiraient par connaître leurs caractères réciproques et s`apprécieraient mutuellement. Les qualités sociales positives chez les enfants ne peuvent se construire que dans un milieu Montessori où règne liberté, fraternité et solidarité. Une ambiance où les relations entre éducateurs et apprenants sont régies par le respect et la reconnaissance réciproques.

5.     L`école tunisienne publique et privée a cloisonné les niveaux et les disciplines enseignées : le niveau 1 est rigidement séparé du niveau 2, les disciplines scientifiques sont séparées des disciplines littéraires, de sorte que les écoliers de sept ans ne peuvent pas aller chercher des suggestions dans la classe des huit ans et les apprenants scientifiques du lycée n`ont pas la possibilité de fréquenter en classe leurs pairs littéraires. Par contre, dans une école Montessori internationale, les cloisons ne sont que des demi-cloisons, et il est toujours facile d`accéder d`un niveau à l`autre, si bien que les petits écoliers sont libres d`aller en avant ou de faire un retour en arrière et les lycéens littéraires libres d`assister aux expériences dans les laboratoires de leurs camarades scientifiques.

6.     L`école tunisienne publique et privée n`encourage pas le travail en équipe entre les apprenants voire elle en est hostile : Elle isole les enfants de la même classe dans des tables monoplaces, ne leur permet pas de travailler en groupe sur un projet commun et leur interdit même de s`entraider en cours. Elle n`a laissé le choix aux apprenants qu`entre égoïsme ou voyeurisme et finit parfois par renvoyer injustement et définitivement un récidiviste de fraude sans s`attarder sur les causes réelles de ce phénomène scolaire international.
Montessori, 2010, p. 196, a écrit : « A l`école, il n`est pas permis de copier et l`on considère comme une faute d`aider un camarade plus faible ; l`écolier qui aide son camarade en détresse est considère comme coupable au même titre que celui qui accepte cette aide ; ce n`est pas ainsi que se forme l`union ; c`est imposer là un principe de morale qui abaisse le niveau normal. »

7.     L`école tunisienne publique et privée a instauré un système d`évaluation traumatisant pour l`élève : les apprenants sont condamnés à vivre sous l`épée de Damoclès durant toute leur vie scolaire. De plus les enseignants-évaluateurs sont investis d`un pouvoir sans en avoir les compétences nécessaires : ils n`ont jamais étudié à la faculté les sciences de l`évaluation.

8.     L`école tunisienne publique et privée a banalisé le mépris des enfants faibles ou en difficulté par les enseignants: « âne, stupide, sot, bougre, vilain, sale, méchant, paresseux, bête, dingue, etc. ». En général, les éducateurs sont recrutés et payés justement pour aider les élèves faibles ou en difficulté et non pour les insulter, offenser, humilier, avilir, briser ou mépriser. 
Montessori, 2010, p. 206, a écrit : «La volonté peut être brisée en un moment : son développement est un processus lent, qui se déroule à travers une activité continue en relation avec le milieu. La dévastation d`une usine peut survenir en quelques secondes par un bombardement ou par un tremblement de terre ; mais combien difficile en est la construction ! »
Jean-Jacques Rousseau a dit : « Donnez à l`enfant le désir d`apprendre et toute méthode sera bonne. » (L`Émile, 1792).

Conclusion
L`école tunisienne publique et privée est satisfaite de ses résultats médiocres car elle se contente de peu. Elle s`est donnée pour but d`enseigner des connaissances. L`école Montessori est beaucoup plus ambitieuse, elle enseigne des connaissances et des valeurs, elle construit l`enfant d`aujourd`hui et l`homme de demain. 

NB : Article largement inspiré de Maria Montessori, l`esprit absorbant de l`enfant, Desclée de Brouwer, 1959 ; 2010 pour la présente édition, 241 pages.

Ma signature  
« Pour l`auteur, il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose » (Michel Fabre & Christian Orange, 1997).
« À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence » (Le Monde Diplomatique).


Date de la première publication on line : Hammam-Chatt, dimanche 15 février 2015.

vendredi 13 février 2015

Chez nous, il existe un bain linguistique qui s`appelle l`école coranique (sans exégèse avant 6 ans) ! Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif

Chez nous, il existe un bain linguistique qui s`appelle l`école coranique (sans exégèse avant 6 ans) ! Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif 

Maria Montessori : « Le petit enfant ne se rappelle pas les sons, mais il les incarne et les prononcera ensuite à la perfection. Il parle la langue selon les règles compliquées, avec ses exceptions (…) Il existe chez lui, à l`égard de toutes choses de son milieu, une sensibilité absorbante, et ce n`est qu`en observant son milieu et en l`absorbant que l`enfant peut accomplir son adaptation. Cette forme d`activité révèle un pouvoir subconscient qui n`existe que chez lui (…) L`unique langue qu`il parle bien, c`est la langue maternelle » (L`esprit absorbant de l`enfant, 1959 ; 2010 pour la présente édition, 241 pages.).

Mohamed Kochkar : Un adulte qui apprend une langue étrangère ne s`y adaptera jamais aisément et correctement comme le font sans peine les autochtones. On disait alors que, pour s`exprimer, la langue maternelle valait mieux que toutes les langues étrangères et rien n`égalait son acquisition absorbante à l`enfance dans un bain linguistique maternel, coranique ou autre. Une acquisition qui modèle l`enfant et l`adapte culturellement à son milieu d`origine.

Ma signature 
« Pour l’auteur, il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose » Michel Fabre & Christian Orange, 1997
« À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence » Le Monde Diplomatique


Date de la première publication on line : Hammam-Lif,  samedi 14 février 2015.

Depuis un siècle, Maria Montessori réclamait un autre type d’éducation.

Depuis un siècle, Maria Montessori réclamait un autre type d’éducation.

Bibliographie : Maria Montessori, l`esprit absorbant de l`enfant, Desclée de Brouwer, 1959 ; 2010 pour la présente édition, 241 pages.

Page 173 : « Si nous examinons les tests éducatifs, nous nous apercevons de leur misère et de leur aridité. L’éducation d’aujourd’hui est humiliante et n’amène qu’à un complexe d’infériorité et à la réduction artificielle de la nature humaine. Par son organisation, elle pose au savoir des limites sur un niveau inférieur au niveau humain. Elle donne aux hommes des béquilles, alors qu’ils pourraient courir sur de fortes jambes. C’est que l’éducation est basée sur les qualités inférieures de l’homme, et non sur ses qualités supérieures ; et c’est la faute de l’humanité elle-même, si la masse est composée d’hommes inférieurs : c’est qu’on n’a pas pu former leur caractère durant la période constructrice. Nous devons nous efforcer de retrouver le véritable niveau humain, en permettant à l’enfant de se servir au maximum de son pouvoir constructeur (…). Si dans la vie de l’homme, il existe une seule époque de construction psychique, et si à cette époque elle ne peut s’établir ou s’établira mal par la faute d’un milieu erroné, il est naturel qu’il en résulte une masse d’hommes peu ou mal développés. Si l’on permettait au contraire au caractère de se développer selon la nature, non par des exhortations, mais avec la possibilité d’activités constructrices, le monde réclamerait alors un autre type d’éducation. »

Remarque d`un éducateur tunisien qui a passé 30 ans de sa vie dans l`école publique tunisienne et 8 autres dans l`école publique algérienne: L’éducation publique tunisienne de 2015 est encore humiliante, sa note traumatisante, ses diplômes dévalorisés à l`échelle nationale et internationale et n’amène qu’à un citoyen sans compétences utiles donc sans travail.

Signature du Citoyen du Monde Dr Mohamed Kochkar, Coordinateur Général Pédagogique de l’Ecole Montessori Internationale Tunisie - H-Lif : 
Pour le critique, « il ne s’agit pas de convaincre par des arguments ou des faits, mais, plus modestement, d’inviter à essayer autre chose », Michel Fabre & Christian Orange, 1997.
À un mauvais discours, on répond par un bon discours et non par la violence, Le Monde Diplomatique.

Date de la première publication on line : Hammam-Chatt, mardi 10 février 2015.